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Chapitre 8
Cédrik était éreinté.
La progression du groupe se faisait de plus en plus lente. Ils étaient
couverts de boue de la tête aux pieds, et chaque pas qu'ils faisaient
dans le marais était plus difficile que le précédent.
Les jambes courtes du jeune nain lui rendaient la tâche d'autant
plus difficile qu'il trébuchait souvent pour se retrouver le nez
dans la boue. Il fallait qu'ils trouvent un refuge avant la nuit ou bien...
Ils étaient partis tôt dans la matinée, avant le lever du soleil. Tatar avait confié à Cédrik une besace où il avait soigneusement rangé la pierre magique, enveloppée dans un morceau de toile. Il avait également pris un peu de nourriture et de l'eau, comme chaque membre de l'expédition. Ils avaient pris la direction de l'est, et avaient atteint la zone marécageuse au début de l'après-midi. Peu à peu les brumes les avaient envahis, et Cédrik commençait maintenant à croire qu'ils s'étaient perdus. Marcus dirigeait le groupe d'elfes, ce qui rassurait malgré tout Cédrik quand il repensait à l'efficacité dont avait fait preuve l'archer face aux orques au bord de la falaise. Le déclin de la lumière laissait prévoir une nuit très prochaine, et le marais semblait vouloir peu à peu les engloutir. Ils étaient tous très fatigués et la perspective d'une nuit dans la boue n'enchantait personne dans le groupe.
Alors que Marcus s'apprêtait à organiser bon gré
mal gré le campement autour de quelques vieilles branches émergées,
un des elfes cria en pointant son bras vers une lueur devant eux.
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Sur un petit tertre émerge une cabane dans laquelle le groupe est accueilli par un vieil ermite et un jeune garçon à la peau écailleuse. |
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La lueur provient d'une lanterne tenue par le chef d'une patrouille de morts-vivants qui attaquent les elfes et le jeune nain. |
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Ils découvrent une sorte de chemin praticable à sec, balisé par des bougies, et suivent ce chemin qui les mènent dans un village de planteurs situé au bord du marais. |
D'un signe de la main, Marcus ordonna à l'un des elfes de s'approcher de la fenêtre afin d'y observer les éventuels occupants de la cabane. Avec une agilité que seuls les peuples des forêts savent maîtriser, l'elfe contourna l'habitation puis s'approcha de la fenêtre depuis son coté gauche. D'un bref mouvement de la tête il jeta un regard à l'intérieur, puis se recolla contre la paroi en bois. Il fit alors un signe à Marcus avec sa main, en tendant deux doigts. Ensuite il se toucha le menton, comme pour simuler une barbe, puis descendit cette même main horizontalement au niveau de sa cuisse.
Rassuré, Marcus rappella d'un hochement de tête son éclaireur. Il n'y avait que deux personnes dans cette cabane, un vieillard et un enfant. La petite taille de l'habitation ne laissait d'ailleurs pas supposer un effectif bien supérieur. Gardant une main sur son couteau de chasse, le chef du groupe s'approcha et frappa à la porte située juste à droite de la fenêtre. Une voix éraillée par le poids des années les invita à pénétrer dans la cabane : "Soyez les bienvenus, émissaires de Llanowar !". La porte s'ouvrit et, Marcus en tête, le petit groupe entra dans la cabane. Cédrik entra en dernier, mais son regard fut tout de suite attiré vers le fond de la pièce. Derrière le vieillard se tenait un enfant à la peau jaune écailleuse, recroquevillé par terre comme s'il venait d'y être jeté. A coté de l'enfant, sur le sol de la cabane, une fiole remplie d'un liquide noir brillait de milles feux.
Le vieillard s'adressa alors au groupe d'elfes
: "Excusez-moi mes amis, il faut que je termine ma leçon !". Se
retournant alors vers le garçon à terre, le vieillard prit
un ton des plus solennels : "Ceci sera ton premier enseignement : ne jamais
faire appel à une source de mana si l'on a pas de sorts à
utiliser !".