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Chapitre 5
Maranne frissonnait.
Alors que les yoles s'éloignaient de l'île sous le ciel
étoilé, le silence de la nuit se faisait de plus en plus
pesant. La jeune fille pensa qu'elle ne reverrait sans doute plus jamais
cette île où elle est née et qu'elle n'avait jamais
quittée auparavant. Et les événements qui allaient
suivre lui donnèrent raison.
Les deux lunes de Magidkemia éclairaient l'Ouest de leur lumière
verdâtre, et tous les regards des pêcheurs et de leurs familles
étaient fixés sur ce petit bout de terre qui représentait
tout pour eux. Ils avaient du abandonner la majorité de leurs pauvres
biens, ne conservant que le strict minimum pour le voyage vers les terres
de l'Est. Heureusement tous les bateaux et le matériel de pêche
avaient pu être emmenés, ce qui représentait un espoir
non négligeable de vie nouvelle sur d'autres rivages. Maranne savait
que cela serait dur mais que cet espoir était leur seul moyen d'accepter
l'exode.
Brusquement, les reflets des deux lunes dans les eaux calmes bordant
l'île disparurent. La silhouette familière du morceau de terre
entouré par la mer n'était plus visible. Toute lumière
semblait avoir disparue sur et à proximité de l'île.
Comme si les rayons des deux lunes étaient arrêtés
par une barrière mystérieuse entourant de tous côtés
l'île. Un souffle glacial en provenance du Nord commença à
balayer la surface des eaux, s'accentuant rapidement autour des bateaux
de pêche. Les vaguelettes clapotant sous la coque des yoles se firent
vagues de plus en plus importantes, faisant cogner les bateaux les uns
contre les autres comme des coquilles de noix.. Essayant tant bien que
mal de maintenir leurs yoles à flots, les pêcheurs expérimentés
commencèrent à crier leurs ordres au milieu des rafales du
vent devenu tempête. Alors que les creux entre les vagues se faisaient
de plus en plus profonds, une déferlante de plusieurs mètres
de hauteur atteignit le groupe de bateaux. Maranne n'eut que le temps de
se couvrir le visage de ses deux mains avant que l'immense vague engloutisse
sa yole.
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Maranne et quelques autres pêcheurs sont reccueillis par un navire marchand. Le capitaine du navire les amène dans un port des Terres de l'Est... pour les vendre comme esclaves ! |
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Sous l'eau, les pêcheurs sont secourus par un groupe d'ondins qui les font respirer grâce à des artefacts mystérieux. Les ondins les emmènent sur leur île secrète où s'organise la résistance contre les forces maléfiques. |
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Maranne se retrouve seule sur un débris de yole et flotte pendant quelques heures avant de perdre connaissance. Elle se réveille sur le rivage d'une île inconnue, et y rencontre une vieille hermite. |
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* *
Maranne ouvrit les yeux.
Elle était toujours dans l'eau, mais son corps ne flottait plus
au gré des courants sous-marins. Elle était tractée
vivement dans une direction précise, et sentait une prise ferme
sur son épaule gauche. Tournant la tête pour découvrir
ce qui pouvait bien l'entraîner ainsi, elle sursauta. La créature
qui la dirigeait avait vaguement forme humaine, mais son corps était
recouvert d'écailles bleutées. Sous les oreilles, de larges
fentes s'entrouvaient régulièrement comme pour respirer,
en alternance avec une petite bouche sans lèvres. "Je suis morte
noyée et mon âme est emmenée vers son destin par une
créature de l'au-delà", pensa Maranne en essayant d'analyser
la situation. Reprennant progressivement ses esprits, elle prit soudain
conscience d'une présence étrangère à l'intérieure
de ses narines, et rapprocha sa main droite de son nez afin d'essayer d'enlever
cet objet gênant. La créature réagit aussitôt
et lui empoigna la main avant qu'elle n'atteigne l'étrange appareil
circulaire qui faisait le tour de sa tête. Maranne commença
à se débattre, luttant contre la créature inconnue
qui essayait tant bien que mal de la maintenir immobile. Les efforts consentis
par la jeune fille pour se libérer eurent pour effets consécutifs
d'accélérer son rythme respiratoire, et lui faire réaliser
que ses poumons se remplissaient... comme à l'air libre. Interloquée,
elle arrêta soudain tout mouvement, et constata le relâchement
de la pression exercée par l'étrange créature sur
ses poignets. Elle se rendit à l'évidence : l'appareil autour
de sa tête lui permettait de respirer librement sous l'eau !
Son rêve mortuaire devenait de plus en plus étrange...