Terreur à Magidkemia
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Epilogue

Chapitre 3

La brise marine apportait un air frais venu du large.
A cheval sur le tronc recourbé d'un cocotier, Maranne regardait le soleil se coucher sur la mer agitée. Seule sur la plage depuis quelques minutes, elle contemplait les vagues qui venaient mourir de plus en plus loin sur le sable blanc, contre les coques des yoles. Les pêcheurs étaient sur le chemin du retour, et elle les rejoindrait dans quelques instants, une fois le soleil disparu. Chaque soir elle espérait voir ce dernier rayon de soleil de couleur verte dont elle avait toujours entendu parler dans les discussions du cercle des anciens. Chaque fois le soleil se couchait sans lui dévoiler ce mystère.
Ce soir encore, elle quitta son observatoire déçue, et partit au pas de course pour rejoindre le groupe des villageois qui discutaient bruyament de leur journée de pêche. Le poisson se faisait de plus en plus rare, mais ce soir-là les filets avaient piégé une grande quantité de prises de toutes sortes. Une grande fête serait sans doute organisée à cette occasion.
Le grand Léviathan qui sévissait aux abords de l'île avait épargné les yoles des pêcheurs aujourd'hui, mais Maranne savait que ce n'était qu'un jour de répit. Le courage des pêcheurs qui affrontaient quotidiennement les monstres marins n'avait d'égal que l'appréhension de leurs familles, tous les matins au moment des départs en mer. Trop souvent ce n'étaient pas les cris de joie mais les pleurs qui accompagnaient les pêcheurs le long de leur itinéraire pour rejoindre le village.
Bientôt Maranne aurait l'âge de partir elle aussi à la pêche. Lors de la traditionnelle cérémonie du moolliné, dans deux lunes, elle se verrait confier son premier matériel, et serait ensuite affectée à une yole, avec d'autres pêcheurs plus expérimentés. Elle était à la fois effrayée par cette perspective et fière de pouvoir ainsi rentrer dans le monde des adultes.

Alors qu'elle arrivait en vue du groupe, un cri terrifiant retentit.


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6 voix
Un gigantesque dragon descend du ciel et se pose devant le groupe. Sur son dos un guerrier à l'armure resplendissante s'adresse alors aux villageois pour les prévenir d'un danger imminent. 
3 voix
Un groupe d'ondins armés jusqu'aux dents attaque les villageois et emmènent la famille de Maranne en otage. Elle arrive à les suivre grâce à un sortilège permettant de respirer sous l'eau que lui apprend un ancien du village.
4 voix
Une gigantesque tornade, visible à l'horizon, approche à vive allure de l'île. Les pêcheurs savent qu'elle est synonyme d'une destruction imminente de leurs habitations. Ils se réfugient dans une grotte, au pied du volcan de l'île.



Tous les villageois levèrent les yeux en direction du ciel d'où provenait ce hurlement monstrueux. Un immense animal écailleux les survolait, amorçant une descente en cercle vers leur petit groupe. "Un dragon !", pensèrent à l'unisson les pêcheurs, pétrifiés devant la magnificience du vol de la créature mythique et la force inimaginable de ses muscles pour la maintenir en l'air. Même s'ils rencontraient pour la première fois un tel animal, ils l'avaient tous reconnus aux descriptifs des récits extraordinaires perpétués depuis des générations par les Anciens. Maranne en resta bouche bée.
Au fur et à mesure que l'animal se rapprochait des villageois, nombreux furent ceux qui pensèrent leur dernière heure arrivée. Echapper quotidiennement aux monstres marins pour finir déchiqueté dans les griffes d'un dragon sortait de l'ordinaire, mais beaucoup d'entre eux regrettaient de ne pas avoir péri plus tôt. La noyade était sensiblement préférable à l'équarissage. Maranne, incapable du moindre geste, regardait fixement l'incroyable créature descendre vers elle, quant elle remarqua avec stupéfaction qu'une silhouette humaine était juchée sur le dos de l'animal. Pointant du doigt en direction du monstre volant, elle s'écria "il y a quelqu'un sur son dos !", interrompant la transe de ses compagnons. Peu à peu tous les villageois distinguèrent l'individu portant une armure dorée et argentée qui semblait diriger le dragon. Après un dernier demi-cercle majestueux au-dessus du groupe, l'animal et son étrange cavalier se posèrent à quelques pas des premiers pêcheurs.

L'homme mystérieux se présenta. "Je suis Calis, Fils de Thomas et Aglaranna, légataire de l'armure des chevaliers dragons". A la mention du nom de l'ancienne reine des Elfes, Maranne se souvint des récits merveilleux que lui racontaient ses grands parents, les soirs de veillée. Aglaranna avait règné pendant deux cents ans sur Llanowar. Et elle avait choisi un humain comme époux, le célèbre Thomas qui avait découvert l'armure pendant la guerre contre les Tsuraniens. "Votre île est menacée par un grand danger", continua le chevalier. "Un nuage d'êtres maléfiques est à quelques heures d'ici. Il arrive du Nord, et sème chaos et mort sur son passage. Vous devez fuir vers les terres de l'Est le plus vite possible !". Tournant leurs regards, les pêcheurs distinguèrent en effet un gros nuage noir, encore lointain, mais remarquable sur le ciel maintenant violet du soir tombant. Après quelques exclamations, ils commencèrent à courir en direction du village. Seule Maranne resta sur le chemin, encore émerveillée par la chevalier.

"Tu ne pars pas te préparer à la fuite comme les autres ?", l'interrogea Calis. " Je n'ai pas de biens à emmener, si ce n'est cette chemise", répondit-elle en montrant ses piètres habits. "Je les rejoindrai dans quelques minutes au port", ajouta-t-elle en sentant un regard curieux de la part du demi-homme demi-elfe.
"- Ton aura de magie est particulièrement brillant", lui dit alors Calis.
"- Mon quoi ?"
"- Ton aura. Tu seras sans doute plus tard une grande magicienne !" dit le chevalier en reprenant les rênes de sa fantastique monture, et en prononçant quelques mots inconnus à l'attention du dragon. L'animal prit son envol, sans que Maranne n'ait pu réagir aux dernières paroles de Calis. Très vite le chevalier et sa monture disparurent dans le ciel maintenant étoilé par la nuit qui s'installait.

Maranne resta pensive quelques instants, puis prit prestement le chemin du port.



Chapitre 4